LE PRIX DU PARADIS - COHEN BENOIT

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LE PRIX DU PARADIS

LE PRIX DU PARADIS

COHEN BENOIT
Editeur : FLAMMARION
Collection : Litterature Francaise Flammarion
Date de parution : 01/04/2021

[ean : 9782080239273]

Délais prolongés
19.00 €
Résumé
Katherine, riche New-Yorkaise, ancienne icône de la mode, n'a aujourd'hui plus personne pour l'admirer. Elle décide donc d'en finir avec la vie, mais avec panache. Elle veut partir en beauté et se rêve en magnifique suicidée. C'est alors qu'elle croise la route d'une drôle de fille tout juste sortie de prison à qui elle propose une petite fortune pour l'assassiner. Seules conditions : agir par surprise et ne pas toucher le visage - pensons à la Une des journaux. Mais Katherine est-elle certaine de vouloir mourir ? Car une fois la machine lancée, il sera impossible de revenir en arrière.

Notre avis

Ne vous fiez pas à la couverture de ce livre, qui laisserait croire à une nouvelle saga de « cosy crime », dans la lignée du succès de M.C. Beaton et son Agatha Raisin.

Les premières pages s’inscrivent bien dans les pas des grandes comédies américaines, un mélange d’« Arsenic et vieilles dentelles » et « Le diable s’habille en Prada » parsemé d’humour noir digne des Frères Coen, qui rappelle d’emblée d’où vient Benoit Cohen, de ce cinéma pour lequel il écrit et réalise, duquel il calque les mécanismes scénaristiques avant de très vite déployer d’autres facettes de son écriture, plus profondes, politiques et psychologiques, abordant une multitude de thématiques et d’univers qui rendent ce roman inclassable.

Alternant entre la légèreté burlesque et le grinçant de la satire, le suspense du thriller et la fable politique, la douceur de la romance et le tragique du roman social, Benoit Cohen donne à voir une Amérique des paradoxes, à la fois géniale et destructrice, incarnée par New York et sa multitude d’excès, d’inégalités et de paradoxes, à la fois ville du rêve et du trop-plein capitaliste, avec ses milliardaires et ses désoeuvrés qui vivent côte à côte mais ne se croisent jamais, ou presque.

Katherine, ancienne prêtresse de la mode, veuve mélancolique et tombée en disgrâce après s’être révélée incapable de faire prendre le tournant numérique à son journal, bien décidée à en finir avec la vie mais désireuse de le faire avec panache, propose à Georgia, une jeune femme de ménage tout juste sortie de prison et sans le sou, une petite fortune contre son assassinat. Banco, la machine est lancée ! Mais Katherine est-elle véritablement résignée à mourir ? Est-il encore possible de stopper Georgia dans la mission qu’elle s’est confiée ?

Difficile d’évoquer ce livre sans en dévoiler trop. Tout juste dirons-nous qu’il est d’une efficacité folle, offrant à ses personnages une grande cohérence dans les émotions qui les animent et les comportements qui les guident, le tout en un nombre de pages limité.
L’histoire racontée est à ce point connectée aux messages sous-jacents qu’elle délivre que chaque virgule semble à sa place, sans digression inutile ni emphases.

On y croise tant Marlon Brando que The Smiths, Karl Lagerfeld, les westerns, la salsa, Joy Division et les Amérindiens, ces derniers devenant les forces telluriques d’un roman où l’important n’est pas forcément là où on l’imagine et où les cartes de la narration sont cesse redistribuées ;
on vagabonde d’émotion en émotion au gré des courtes aventures de cette femme, Katherine, que l’on apprend rapidement à aimer pour le miroir qu’elle nous tend sur nos propres existences, leur essentiel et leurs futilités.

Un roman d’une grande dimension littéraire, un page-turner brillant et surprenant qui illuminera votre printemps.

Alexis

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